Vandières, 4 millénaires d'histoire
Son nom se transforme au gré des siècles : Venderiae, Vinderadica, Vinderia, Villa Din Regia,Plus récemment sa dénomination et son orthographe ont hésité entre :
- Vendiere ou Vendieres vers 1209
- Wandieres vers 1276
- Vendiere vers 1285
- Vendieres vers 1329
- Et enfin Vandières à la fin du 18° siècle
Les origines de Vandières remontent au moins à l'ère protohistorique, aux environs de 2000 avant Jésus-Christ .
Des traces d'habitat de cette époque ont été retrouvées lors de fouilles archéologiques en 1983 puis en 1985, à proximité de l'ancien confluent du Trey avec la Moselle.
Un village de l'âge de bronze (1000 avant J-C) s'installe au même endroit.
Le même site est réoccupé aux environs de l'an zéro, puis à la fin de l'époque romaine ; on estime que les disparitions successives des habitations sont liées aux inondations de la Moselle.
Des fouilles ont mis à jour en avril 2003 l'existence de fermes romaines au pied Est de la colline de Châtillon.
Le village évolue au fil du temps et des guerres pour occuper son emplacement actuel.
La commune possède les vestiges d'un château qui aurait été construit au temps du roi Lothaire ; elle fut une demeure royale (les rois de la 2ème lignée ayant une maison royale), et comme dans tous les fiefs, Vandières fut érigée en seigneurie.
Au 11°siècle Vandières fait partie de la maison des Ducs de Lorraine, de la prévôté de Prény et du diocèse de Toul.
L'archéologie à Vandières
Certes Vandières ne fait pas partie des sites archéologiques français les plus importants, mais son sous-sol regorge de traces de nos ancêtres.
Les premières fouilles archéologiques sur la commune de Vandières ont été effectuées à la suite d'une prospection de routine de la sablière « SOLARO » exploitée entre le canal et la Moselle effectuée en Novembre 1983, au lieu-dit « Les Grandes Corvées » à une centaine de mètres de la Moselle, non loin du confluent historique avec le Trey. Des tessons de céramique avaient permis de juger que ce site « Les Grandes Corvées » datait de l'âge du Bronze Final.
Depuis 1995 les travaux du TGV, l'ouverture de nouvelles sablières ainsi que la création du nouveau lotissement ont permis de confirmer que l'implantation humaine était très ancienne à Vandières.
Une cinquantaine de sites archéologiques sont connus sur la commune.
La carte ci-dessous recense les lieux-dits dont les fouilles ont été très fructueuses :
Côté Ouest canal (gauche) du Nord au Sud : Moulon (1 en vert), Bêtes-aux-Champs (2 en rouge), La Corvée-aux-Loups (3 en brun), Les Fontenottes (4 en rouge), Cour Saint-Pierre (5 en rouge), Côté Est canal (droite) : Les Cugnots (6 en bleu-vert), Brouin-Champ (7 en rouge) et Les Grandes Corvées (8 en bleu).

A Vandières, comme souvent dans l'antiquité, les hommes se sont installés à proximité des confluents de deux rivières. Ce confluent appelé « le confluent antique du Trey et de la Moselle » se situait pratiquement dans le prolongement de son sens d'écoulement d'ouest en est comme le montrent les documents ci-après :
CARTE ETAT MAJOR 1820 -1866PHOTO AERIENNE 1950 – 1965- L'ancien lit du Trey est entouré en bleu

CARTE 1950
La situation actuelle : L'ancien lit du Trey est en pointillé entouré en vert. Le canal de la Moselle, alors au petit gabarit « Freyssinet », était déjà construit. Le Trey avait été détourné et implanté artificiellement par les ingénieurs qui ont construit le canal et se jetait comme maintenant plus au Sud. Il est entouré en rouge.

TRES ANCIENNE CARTE qui montre que de très nombreuses communes n'existaient pasCet article ne prétend pas être un document scientifique, même si parfois il comprend des termes techniques, mais un aperçu de ce qu'a été Vandières par le passé.
LES GRANDES CORVEES
A la suite de cette première découverte de 1983, à l'occasion du renouvellement de l'autorisation d'exploitation de la sablière SOLARO, le site « Les Grandes Corvées » a donc été fouillé en 1985 avant le début des travaux de la nouvelle extension.
La chronologie du site a alors été précisée :
-les résultats ont permis de dater sa première occupation au Néolithique Final, vers 2 000 avant Jésus-Christ, grâce à la mise à jour d'un premier habitat du type « gobelets campaniformes », (le nom de campaniforme provient de la céramique de cette époque qui est caractérisée par la qualité de la pâte, la richesse du décor et la forme des gobelets « en cloche retournée »). Cette découverte est importante car c'est la première fois qu'on trouve en France un habitat ouvert de vallée qui soit spécifiquement occupé par le groupe Campaniforme. En même temps que la céramique, on trouve des pointes de flèches, des « brassards d'archers » (pierres polies rectangulaires protégeant le poignet du frottement de la corde de l'arc), des boutons en pierre, en ambre, en os, des objets métalliques tels que parures d'or, poignards triangulaires en cuivre.
Jusqu'alors en Lorraine n'étaient connues que les sépultures campaniformes de Marly, Terville, Montenach, mais les habitats étaient rarissimes et mis à jour seulement dans des grottes ou abris sous-roche.
-à l'âge de Bronze vers 1000 avant Jésus-Christ un village s'installe au même endroit, la découverte d'une grande fosse d'une dizaine de mètres de diamètre descendant jusqu'à la nappe phréatique dont l'un des côtés était aménagé en pente douce pour permettre son accès est particulièrement intéressante, des céramiques sont aussi découvertes.
-vers l'an zéro, le site est de nouveau réoccupé par une construction quadrangulaire de type grenier surélevé.
-à la fin de l'époque romaine, le site est de nouveau réoccupé.
LA LIGNE A GRANDE VITESSE
Lors de la construction de la LGV, des fouilles archéologiques ont été faites de 2000 à 2004 sur le futur tracé, mais en mode « discret » et « dans un laps de temps trop court pour approfondir les secteurs où des gisements intéressants avaient été mis à jour ».
Les secteurs intéressants :
Moulon
Le gisement est localisé à une trentaine de mètres au sud-est de la ferme de Moulon dont la clef de voûte du portail indique une date fin XVIIIe. Le corps de ferme pourrait être construit sur des vestiges plus anciens contemporains des découvertes.
Les résultats sont à mettre en perspective avec les gisements de Pagny-sur-Moselle, (Maladrie) et Vandières, (Corvée aux Loups), établissements ruraux gallo-romains localisés au nord et au sud et distants d'environ 500 m. L'implantation de ces deux fermes gallo-romaines et celle de Moulon se trouvent sur une bande d'environ 300 m de large entre la limite ouest des sédiments d'un ancien tracé de la Moselle et le pied de la côte.

Bêtes aux Champs
Ont été recensés huit gisements historiques antiques situés dans la proche périphérie des secteurs fouillés. Cette donnée confirme la présence d'une occupation gallo-romaine dense, caractérisée par un habitat dispersé d'unités de quelques bâtiments.
Sur la rive gauche de la vallée de la Moselle entre Vandières et Pagny-sur-Moselle, l'occupation du sol à l'époque romaine est visiblement caractérisée par un habitat de fermes isolées. Les zones périphériques à ces établissements sont cultivées sur des surfaces dont nous ne connaissons pas l'étendue .
Les Fontenottes
Les fouilles permettent d'établir l'existence de traces d'habitat protohistorique dans ce secteur.
La Corvée aux Loups Les dix-sept sites répertoriés sur le ban de la commune associés aux opérations d'archéologie préventive récentes révèlent un potentiel fort important de données paléoenvironnementales pour la fin du Néolithique et le Campaniforme. Des résultats équivalents pour la Protohistoire ont permis, grâce à un puits découvert sur un gisement de l'âge du Bronze, de caler la courbe dendrochronologique régionale pour la phase finale de cette période. Pour l'époque romaine, l'habitat semble caractérisé par l'existence de petits établissements ruraux dispersés. La présence d'axes antiques repérés par la photographie aérienne est attestée.
L'analyse de certains éléments retrouvés dans le sol d'occupation du bâtiment du sondage 95 permet néanmoins de donner une indication chronologique pour la période 250-350 de notre ère.
La présence d'au moins deux bâtiments est certaine.
Photos de la commune. Ces photos ont été prises le dernier jour des fouilles au moment où elles étaient rebouchées. Avec Marc RICHY, nous avions le pressentiment que les fouilles se terminaient, ce que nous a confirmé le dernier archéologue encore présent sur site qui nous a bien indiqué qu'eux auraient voulu poursuivre les recherches, mais que les ordres étaient clairs, les délais laissés pour les fouilles étaient terminés.


Traces de murs de villas romaines

Brouin Champ
Cet emplacement correspond aujourd'hui à l'un des rares secteurs épargnés en période de crue, ce qui explique sans doute pourquoi l'homme s'y est installé à de nombreuses reprises durant toute la Protohistoire.
La première occupation semble remonter au Néolithique moyen
L'abondant mobilier piégé, tant dans les colluvions du chenal fossile que dans les structures, couvre une période allant du Bronze final jusqu'au second âge du Fer.
Les vestiges de l'âge du Fer semblent mieux conservés. On note la présence d'une palissade conservée sur une longueur de 70 m, prolongée par un fossé sur 45 m environ. Ce dernier bifurque à angle droit à deux reprises, puis disparaît. L'aire ainsi enclose est estimée à 2 500 m2. En bordure du chenal fossile, cet enclos est doublé par une seconde palissade. Plusieurs bâtiments de stockage et d'habitation implantés dans cet enclos peuvent lui être associés.
Le site de Vandières apporte donc des données de toute première importance pour l'étude de la Protohistoire dans le secteur. Il est comparable à bien des égards à celui localisé à quelques centaines de mètres plus au sud, au lieu-dit Les Grandes Corvées.
Photographie des deux faces d'un moule de bronzier en grès, initialement moule à faucilles.
Plan de masse du site

Les Grandes Corvées
Le gisement de Vandières, Les Grandes Corvées a été découvert en 1983 lors d'une visite de surveillance effectuée par le Service régional de Lorraine dans la sablière Solaro. Il a livré, au gré de fouilles successives, les traces de nombreuses occupations humaines : des céramiques de la fin du Campaniforme, un habitat du Bronze final remarquablement illustré par deux puits avec cuvelage en bois, des traces éparses de l'âge du Fer. Les recherches menées en 2001 sur le tracé de la LGV Est ont, quant à elles, permis d'étudier d'intéressants vestiges du Bronze ancien et de l'époque romaine.
Au minimum neuf bâtiments de plan plus ou moins complet ont été identifiés parmi les 200 trous de poteau fouillés. Le plus grand bâtiment (bât. 2), d'au moins 15 m de long pour 8,20 m de large, soit 123 m2, se rattache sans conteste au Bronze ancien. Cette construction à trois nefs est orientée nord-ouest/sud-est, avec une abside située à l'extrémité sud-est, l'extrémité opposée ayant été détruite. On connaît des bâtiments relativement similaires en Lorraine (Frouard, Goin, Ay-sur-Moselle), en Bourgogne (Genlis, Izier) ou en Allemagne (Telgte).
En dépit de son caractère limité, cette intervention souligne une fois de plus l'importance des implantations humaines dans la vallée de la Moselle. Le secteur de Vandières est à ce titre riche en informations, ce que mettent encore en lumière les dernières fouilles menées au lieu-dit Brouin Champ, également sur le tracé de la LGV Est.
Quelques fragments de vases appartenant au bronze ancien

Vases agrémentés de cordons lisses organisés en réseau, de décors cannelés, d'anses

DERRIERE LE CHATEAU
A la suite d'un projet de lotissement derrière le château, le long du lotissement de la rue des Primevères, des fouilles archéologiques préventives ont eu lieu du 28 février au 9 mars 2007. Elles sont situées à proximité du village ancien (attesté par les textes dès 960 sous le nom de Villa Videra) ainsi qu'à 100 mètres du château de vandières dont les deux tours sont datées des 15° et 16° siècles, le clocher de l'église de conception romane étant daté du 11° - 12° siècle.
Elles ont mis en évidence une première occupation d'un habitat sur un hectare et demi attribuable à la période Halstatt C, très intéressant car peu trouvé dans la région.
Une seconde occupation met en exergue des applications héritées du génie civil romain, applications qui ont rarement pu être étudié, le site n'en est donc que plus exceptionnel.
Une nécropole mérovingienne totalisant vingt et une structures repérées, dont seize sont des tombes à inhumation qui suivent toutes une orientation ouest - est, caractérise une troisième phase d'occupation. Sur plus de 3 000 m2, la densité des structures et la qualité du mobilier recueilli témoignent du caractère majeur de cette découverte datée entre le 5° et le 7° siècle. La présence d'une sépulture animale (un cheval) n'avait jamais encore été mise en évidence en Lorraine.Enfin, la présence d'un four maçonné à une centaine de mètres du château médiéval, témoigne d'une activité artisanale ou domestique au moyen-Age
PERIMETRE FOUILLELe préfet de région décidait alors que le lotissement ne pourrait être créé qu'à la condition que des fouilles complémentaires soient réalisées. Or le coût de ces fouilles est à la charge du lotisseur et malgré les subventions de l'état, devant l'importance du reste à charge, le lotissement ne verra pas le jour.
En 2019, un lotisseur reprend le dossier en main en décidant de n'utiliser que la partie où le coût des fouilles archéologiques est le plus faible. La commune accepte d'échanger les terrains qu'elle a dans la zone de sorte que la partie concernée par le « cimetière mérovingien » lui appartient dorénavant et que donc ce terrain restera en espaces verts.
Les fouilles ont eu lieu début 2021 et ont mis à jour les vestiges d'une villa romaine. Cette villa possédait un bassin. Ces bassins étaient souvent délimités aux quatre coins par des statues à travers lesquelles arrivaient l'eau. Les photos ci-dessous montrent les fouilles avec les différents murs de fondation des bâtiments et du bassin ainsi qu'une de ses statues.

Cette statue représente un lion chevauché sans doute par un enfant.

L'arrivée de l'eau se faisait par en-dessous (voir trou page suivante), elle se déversait dans le bassin par « la gueule » située sous la patte.

Une dalle avec plusieurs signes
LES CUGNOTS
Au cours du deuxième semestre 2014, avant l'exploitation d'une nouvelle sablière par la société HOLCIM, des recherches ont été menées au lieu-dit « Les Cugnots ».
Elles ont permis de mettre à jour près de 1500 structures archéologiques, réparties entre une nécropole de l'âge de fer (600 à 400 avant Jésus-Christ) et une double occupation romaine, le Haut-Empire (du 1° au 3° siècle après Jésus-Christ) et le Bas Empire (du 4° au 5° siècle après Jésus-Christ).
La nécropole tumulaire de l'âge de fer :
Elle regroupe onze enclos circulaires de 12 à 32 m de diamètre et deux enclos carrés de 15 et 18 m de côté, à l'intérieur desquels ont été mises à jour entre 56 et 65 sépultures. Les squelettes ont pour la plupart disparu, mais les parures en bronze des défunts, composées de deux bracelets, deux anneaux de cheville , parfois d'un torque (collier), d'une ou deux fibules (agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement) et de quelques perles sont assez bien conservées.
Torque et fibules
Le Haut-Empire :
Deux voies de 3 m de large, 3 bâtiments ainsi qu'un ensemble funéraire qui regroupe 85 sépultures à crémation ont été mis au jour.Urne contenant les restes
brûlés du défunt
Le Bas-Empire :
Un édifice de 18m x 10est bien conservé. Il comprend un petit four, trois foyers et un fumoir. Un abondant mobilier dont une centaine de monnaies du 4° siècle ont été découverts.
Un ensemble funéraire d'inhumations d'une soixantaine de tombes a été identifié. La conservation des squelettes est incomplète voire inexistante, mais des récipients en céramique et en verre, le plus souvent en excellent état, ont été trouvés. Ces objets font partie de la pratique funéraire tout à fait caractéristique du Bas-Empire.
Exemple de verreries trouvées dans les tombes du Bas-Empire (4° au 5° s. après J.C.).



Sépulture du Bas-Empire : défunt accompagné de verreries et de céramiques
CERAMIQUES




Sources : INRAP
Archéologie de la ligne à grande vitesse est-européenne
Les Villages Lorrains
Article de M. Jacques Reisorfer Villages Lorrains
Diaporama présenté à la population par Holcim et le bureau d'études Eveha
Claude ROBERT
L'archéologie à Vandières
Certes Vandières ne fait pas partie des sites archéologiques français les plus importants, mais son sous-sol regorge de traces de nos ancêtres.
Les premières fouilles archéologiques sur la commune de Vandières ont été effectuées à la suite d'une prospection de routine de la sablière « SOLARO » exploitée entre le canal et la Moselle effectuée en Novembre 1983, au lieu-dit « Les Grandes Corvées » à une centaine de mètres de la Moselle, non loin du confluent historique avec le Trey. Des tessons de céramique avaient permis de juger que ce site « Les Grandes Corvées » datait de l'âge du Bronze Final.
Depuis 1995 les travaux du TGV, l'ouverture de nouvelles sablières ainsi que la création du nouveau lotissement ont permis de confirmer que l'implantation humaine était très ancienne à Vandières.
Une cinquantaine de sites archéologiques sont connus sur la commune.
La carte ci-dessous recense les lieux-dits dont les fouilles ont été très fructueuses :
Côté Ouest canal (gauche) du Nord au Sud : Moulon (1 en vert), Bêtes-aux-Champs (2 en rouge), La Corvée-aux-Loups (3 en brun), Les Fontenottes (4 en rouge), Cour Saint-Pierre (5 en rouge), Côté Est canal (droite) : Les Cugnots (6 en bleu-vert), Brouin-Champ (7 en rouge) et Les Grandes Corvées (8 en bleu).

A Vandières, comme souvent dans l'antiquité, les hommes se sont installés à proximité des confluents de deux rivières. Ce confluent appelé « le confluent antique du Trey et de la Moselle » se situait pratiquement dans le prolongement de son sens d'écoulement d'ouest en est comme le montrent les documents ci-après :
CARTE ETAT MAJOR 1820 -1866PHOTO AERIENNE 1950 – 1965- L'ancien lit du Trey est entouré en bleu

CARTE 1950
La situation actuelle : L'ancien lit du Trey est en pointillé entouré en vert. Le canal de la Moselle, alors au petit gabarit « Freyssinet », était déjà construit. Le Trey avait été détourné et implanté artificiellement par les ingénieurs qui ont construit le canal et se jetait comme maintenant plus au Sud. Il est entouré en rouge.

TRES ANCIENNE CARTE qui montre que de très nombreuses communes n'existaient pasCet article ne prétend pas être un document scientifique, même si parfois il comprend des termes techniques, mais un aperçu de ce qu'a été Vandières par le passé.
LES GRANDES CORVEES
A la suite de cette première découverte de 1983, à l'occasion du renouvellement de l'autorisation d'exploitation de la sablière SOLARO, le site « Les Grandes Corvées » a donc été fouillé en 1985 avant le début des travaux de la nouvelle extension.
La chronologie du site a alors été précisée :
-les résultats ont permis de dater sa première occupation au Néolithique Final, vers 2 000 avant Jésus-Christ, grâce à la mise à jour d'un premier habitat du type « gobelets campaniformes », (le nom de campaniforme provient de la céramique de cette époque qui est caractérisée par la qualité de la pâte, la richesse du décor et la forme des gobelets « en cloche retournée »). Cette découverte est importante car c'est la première fois qu'on trouve en France un habitat ouvert de vallée qui soit spécifiquement occupé par le groupe Campaniforme. En même temps que la céramique, on trouve des pointes de flèches, des « brassards d'archers » (pierres polies rectangulaires protégeant le poignet du frottement de la corde de l'arc), des boutons en pierre, en ambre, en os, des objets métalliques tels que parures d'or, poignards triangulaires en cuivre.
Jusqu'alors en Lorraine n'étaient connues que les sépultures campaniformes de Marly, Terville, Montenach, mais les habitats étaient rarissimes et mis à jour seulement dans des grottes ou abris sous-roche.
-à l'âge de Bronze vers 1000 avant Jésus-Christ un village s'installe au même endroit, la découverte d'une grande fosse d'une dizaine de mètres de diamètre descendant jusqu'à la nappe phréatique dont l'un des côtés était aménagé en pente douce pour permettre son accès est particulièrement intéressante, des céramiques sont aussi découvertes.
-vers l'an zéro, le site est de nouveau réoccupé par une construction quadrangulaire de type grenier surélevé.
-à la fin de l'époque romaine, le site est de nouveau réoccupé.
LA LIGNE A GRANDE VITESSE
Lors de la construction de la LGV, des fouilles archéologiques ont été faites de 2000 à 2004 sur le futur tracé, mais en mode « discret » et « dans un laps de temps trop court pour approfondir les secteurs où des gisements intéressants avaient été mis à jour ».
Les secteurs intéressants :
Moulon
Le gisement est localisé à une trentaine de mètres au sud-est de la ferme de Moulon dont la clef de voûte du portail indique une date fin XVIIIe. Le corps de ferme pourrait être construit sur des vestiges plus anciens contemporains des découvertes.
Les résultats sont à mettre en perspective avec les gisements de Pagny-sur-Moselle, (Maladrie) et Vandières, (Corvée aux Loups), établissements ruraux gallo-romains localisés au nord et au sud et distants d'environ 500 m. L'implantation de ces deux fermes gallo-romaines et celle de Moulon se trouvent sur une bande d'environ 300 m de large entre la limite ouest des sédiments d'un ancien tracé de la Moselle et le pied de la côte.

Bêtes aux Champs
Ont été recensés huit gisements historiques antiques situés dans la proche périphérie des secteurs fouillés. Cette donnée confirme la présence d'une occupation gallo-romaine dense, caractérisée par un habitat dispersé d'unités de quelques bâtiments.
Sur la rive gauche de la vallée de la Moselle entre Vandières et Pagny-sur-Moselle, l'occupation du sol à l'époque romaine est visiblement caractérisée par un habitat de fermes isolées. Les zones périphériques à ces établissements sont cultivées sur des surfaces dont nous ne connaissons pas l'étendue .
Les Fontenottes
Les fouilles permettent d'établir l'existence de traces d'habitat protohistorique dans ce secteur.
La Corvée aux Loups
Les dix-sept sites répertoriés sur le ban de la commune associés aux opérations d'archéologie préventive récentes révèlent un potentiel fort important de données paléoenvironnementales pour la fin du Néolithique et le Campaniforme. Des résultats équivalents pour la Protohistoire ont permis, grâce à un puits découvert sur un gisement de l'âge du Bronze, de caler la courbe dendrochronologique régionale pour la phase finale de cette période. Pour l'époque romaine, l'habitat semble caractérisé par l'existence de petits établissements ruraux dispersés. La présence d'axes antiques repérés par la photographie aérienne est attestée.
L'analyse de certains éléments retrouvés dans le sol d'occupation du bâtiment du sondage 95 permet néanmoins de donner une indication chronologique pour la période 250-350 de notre ère.
La présence d'au moins deux bâtiments est certaine.
Photos de la commune. Ces photos ont été prises le dernier jour des fouilles au moment où elles étaient rebouchées. Avec Marc RICHY, nous avions le pressentiment que les fouilles se terminaient, ce que nous a confirmé le dernier archéologue encore présent sur site qui nous a bien indiqué qu'eux auraient voulu poursuivre les recherches, mais que les ordres étaient clairs, les délais laissés pour les fouilles étaient terminés.

Traces de murs de villas romaines

Brouin Champ
Cet emplacement correspond aujourd'hui à l'un des rares secteurs épargnés en période de crue, ce qui explique sans doute pourquoi l'homme s'y est installé à de nombreuses reprises durant toute la Protohistoire.
La première occupation semble remonter au Néolithique moyen
L'abondant mobilier piégé, tant dans les colluvions du chenal fossile que dans les structures, couvre une période allant du Bronze final jusqu'au second âge du Fer.
Les vestiges de l'âge du Fer semblent mieux conservés. On note la présence d'une palissade conservée sur une longueur de 70 m, prolongée par un fossé sur 45 m environ. Ce dernier bifurque à angle droit à deux reprises, puis disparaît. L'aire ainsi enclose est estimée à 2 500 m2. En bordure du chenal fossile, cet enclos est doublé par une seconde palissade. Plusieurs bâtiments de stockage et d'habitation implantés dans cet enclos peuvent lui être associés.
Le site de Vandières apporte donc des données de toute première importance pour l'étude de la Protohistoire dans le secteur. Il est comparable à bien des égards à celui localisé à quelques centaines de mètres plus au sud, au lieu-dit Les Grandes Corvées.
Photographie des deux faces d'un moule de bronzier en grès, initialement moule à faucilles.
Plan de masse du site

Les Grandes Corvées
Le gisement de Vandières, Les Grandes Corvées a été découvert en 1983 lors d'une visite de surveillance effectuée par le Service régional de Lorraine dans la sablière Solaro. Il a livré, au gré de fouilles successives, les traces de nombreuses occupations humaines : des céramiques de la fin du Campaniforme, un habitat du Bronze final remarquablement illustré par deux puits avec cuvelage en bois, des traces éparses de l'âge du Fer. Les recherches menées en 2001 sur le tracé de la LGV Est ont, quant à elles, permis d'étudier d'intéressants vestiges du Bronze ancien et de l'époque romaine.
Au minimum neuf bâtiments de plan plus ou moins complet ont été identifiés parmi les 200 trous de poteau fouillés. Le plus grand bâtiment (bât. 2), d'au moins 15 m de long pour 8,20 m de large, soit 123 m2, se rattache sans conteste au Bronze ancien. Cette construction à trois nefs est orientée nord-ouest/sud-est, avec une abside située à l'extrémité sud-est, l'extrémité opposée ayant été détruite. On connaît des bâtiments relativement similaires en Lorraine (Frouard, Goin, Ay-sur-Moselle), en Bourgogne (Genlis, Izier) ou en Allemagne (Telgte).
En dépit de son caractère limité, cette intervention souligne une fois de plus l'importance des implantations humaines dans la vallée de la Moselle. Le secteur de Vandières est à ce titre riche en informations, ce que mettent encore en lumière les dernières fouilles menées au lieu-dit Brouin Champ, également sur le tracé de la LGV Est.
Quelques fragments de vases appartenant au bronze ancien

Vases agrémentés de cordons lisses organisés en réseau, de décors cannelés, d'anses

DERRIERE LE CHATEAU
A la suite d'un projet de lotissement derrière le château, le long du lotissement de la rue des Primevères, des fouilles archéologiques préventives ont eu lieu du 28 février au 9 mars 2007. Elles sont situées à proximité du village ancien (attesté par les textes dès 960 sous le nom de Villa Videra) ainsi qu'à 100 mètres du château de vandières dont les deux tours sont datées des 15° et 16° siècles, le clocher de l'église de conception romane étant daté du 11° - 12° siècle.
Elles ont mis en évidence une première occupation d'un habitat sur un hectare et demi attribuable à la période Halstatt C, très intéressant car peu trouvé dans la région.
Une seconde occupation met en exergue des applications héritées du génie civil romain, applications qui ont rarement pu être étudié, le site n'en est donc que plus exceptionnel.
Une nécropole mérovingienne totalisant vingt et une structures repérées, dont seize sont des tombes à inhumation qui suivent toutes une orientation ouest - est, caractérise une troisième phase d'occupation. Sur plus de 3 000 m2, la densité des structures et la qualité du mobilier recueilli témoignent du caractère majeur de cette découverte datée entre le 5° et le 7° siècle. La présence d'une sépulture animale (un cheval) n'avait jamais encore été mise en évidence en Lorraine.Enfin, la présence d'un four maçonné à une centaine de mètres du château médiéval, témoigne d'une activité artisanale ou domestique au moyen-Age

PERIMETRE FOUILLE
Le préfet de région décidait alors que le lotissement ne pourrait être créé qu'à la condition que des fouilles complémentaires soient réalisées. Or le coût de ces fouilles est à la charge du lotisseur et malgré les subventions de l'état, devant l'importance du reste à charge, le lotissement ne verra pas le jour.
En 2019, un lotisseur reprend le dossier en main en décidant de n'utiliser que la partie où le coût des fouilles archéologiques est le plus faible. La commune accepte d'échanger les terrains qu'elle a dans la zone de sorte que la partie concernée par le « cimetière mérovingien » lui appartient dorénavant et que donc ce terrain restera en espaces verts.
Les fouilles ont eu lieu début 2021 et ont mis à jour les vestiges d'une villa romaine. Cette villa possédait un bassin. Ces bassins étaient souvent délimités aux quatre coins par des statues à travers lesquelles arrivaient l'eau. Les photos ci-dessous montrent les fouilles avec les différents murs de fondation des bâtiments et du bassin ainsi qu'une de ses statues.

Cette statue représente un lion chevauché sans doute par un enfant.

L'arrivée de l'eau se faisait par en-dessous (voir trou page suivante), elle se déversait dans le bassin par « la gueule » située sous la patte.


Une dalle avec plusieurs signes

LES CUGNOTS
Au cours du deuxième semestre 2014, avant l'exploitation d'une nouvelle sablière par la société HOLCIM, des recherches ont été menées au lieu-dit « Les Cugnots ».
Elles ont permis de mettre à jour près de 1500 structures archéologiques, réparties entre une nécropole de l'âge de fer (600 à 400 avant Jésus-Christ) et une double occupation romaine, le Haut-Empire (du 1° au 3° siècle après Jésus-Christ) et le Bas Empire (du 4° au 5° siècle après Jésus-Christ).
La nécropole tumulaire de l'âge de fer :

Elle regroupe onze enclos circulaires de 12 à 32 m de diamètre et deux enclos carrés de 15 et 18 m de côté, à l'intérieur desquels ont été mises à jour entre 56 et 65 sépultures. Les squelettes ont pour la plupart disparu, mais les parures en bronze des défunts, composées de deux bracelets, deux anneaux de cheville , parfois d'un torque (collier), d'une ou deux fibules (agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement) et de quelques perles sont assez bien conservées.

Torque et fibules
Le Haut-Empire :

Deux voies de 3 m de large, 3 bâtiments ainsi qu'un ensemble funéraire qui regroupe 85 sépultures à crémation ont été mis au jour.
Urne contenant les restes
brûlés du défunt
Le Bas-Empire :
Un édifice de 18m x 10est bien conservé. Il comprend un petit four, trois foyers et un fumoir. Un abondant mobilier dont une centaine de monnaies du 4° siècle ont été découverts.
Un ensemble funéraire d'inhumations d'une soixantaine de tombes a été identifié. La conservation des squelettes est incomplète voire inexistante, mais des récipients en céramique et en verre, le plus souvent en excellent état, ont été trouvés. Ces objets font partie de la pratique funéraire tout à fait caractéristique du Bas-Empire.
Exemple de verreries trouvées dans les tombes du Bas-Empire (4° au 5° s. après J.C.).



Sépulture du Bas-Empire : défunt accompagné de verreries et de céramiques
CERAMIQUES




Sources : INRAP
Archéologie de la ligne à grande vitesse est-européenne
Les Villages Lorrains
Article de M. Jacques Reisorfer Villages Lorrains
Diaporama présenté à la population par Holcim et le bureau d'études Eveha
Claude ROBERT
L'archéologie à Vandières
Certes Vandières ne fait pas partie des sites archéologiques français les plus importants, mais son sous-sol regorge de traces de nos ancêtres.
Les premières fouilles archéologiques sur la commune de Vandières ont été effectuées à la suite d'une prospection de routine de la sablière « SOLARO » exploitée entre le canal et la Moselle effectuée en Novembre 1983, au lieu-dit « Les Grandes Corvées » à une centaine de mètres de la Moselle, non loin du confluent historique avec le Trey. Des tessons de céramique avaient permis de juger que ce site « Les Grandes Corvées » datait de l'âge du Bronze Final.
Depuis 1995 les travaux du TGV, l'ouverture de nouvelles sablières ainsi que la création du nouveau lotissement ont permis de confirmer que l'implantation humaine était très ancienne à Vandières.
Une cinquantaine de sites archéologiques sont connus sur la commune.
La carte ci-dessous recense les lieux-dits dont les fouilles ont été très fructueuses :
Côté Ouest canal (gauche) du Nord au Sud : Moulon (1 en vert), Bêtes-aux-Champs (2 en rouge), La Corvée-aux-Loups (3 en brun), Les Fontenottes (4 en rouge), Cour Saint-Pierre (5 en rouge), Côté Est canal (droite) : Les Cugnots (6 en bleu-vert), Brouin-Champ (7 en rouge) et Les Grandes Corvées (8 en bleu).

A Vandières, comme souvent dans l'antiquité, les hommes se sont installés à proximité des confluents de deux rivières. Ce confluent appelé « le confluent antique du Trey et de la Moselle » se situait pratiquement dans le prolongement de son sens d'écoulement d'ouest en est comme le montrent les documents ci-après :

CARTE ETAT MAJOR 1820 -1866
PHOTO AERIENNE 1950 – 1965- L'ancien lit du Trey est entouré en bleu

CARTE 1950
La situation actuelle :
L'ancien lit du Trey est en pointillé entouré en vert. Le canal de la Moselle, alors au petit gabarit « Freyssinet », était déjà construit. Le Trey avait été détourné et implanté artificiellement par les ingénieurs qui ont construit le canal et se jetait comme maintenant plus au Sud. Il est entouré en rouge.


TRES ANCIENNE CARTE qui montre que de très nombreuses communes n'existaient pas
Cet article ne prétend pas être un document scientifique, même si parfois il comprend des termes techniques, mais un aperçu de ce qu'a été Vandières par le passé.
LES GRANDES CORVEES
A la suite de cette première découverte de 1983, à l'occasion du renouvellement de l'autorisation d'exploitation de la sablière SOLARO, le site « Les Grandes Corvées » a donc été fouillé en 1985 avant le début des travaux de la nouvelle extension.
La chronologie du site a alors été précisée :
-les résultats ont permis de dater sa première occupation au Néolithique Final, vers 2 000 avant Jésus-Christ, grâce à la mise à jour d'un premier habitat du type « gobelets campaniformes », (le nom de campaniforme provient de la céramique de cette époque qui est caractérisée par la qualité de la pâte, la richesse du décor et la forme des gobelets « en cloche retournée »). Cette découverte est importante car c'est la première fois qu'on trouve en France un habitat ouvert de vallée qui soit spécifiquement occupé par le groupe Campaniforme. En même temps que la céramique, on trouve des pointes de flèches, des « brassards d'archers » (pierres polies rectangulaires protégeant le poignet du frottement de la corde de l'arc), des boutons en pierre, en ambre, en os, des objets métalliques tels que parures d'or, poignards triangulaires en cuivre.
Jusqu'alors en Lorraine n'étaient connues que les sépultures campaniformes de Marly, Terville, Montenach, mais les habitats étaient rarissimes et mis à jour seulement dans des grottes ou abris sous-roche.
-à l'âge de Bronze vers 1000 avant Jésus-Christ un village s'installe au même endroit, la découverte d'une grande fosse d'une dizaine de mètres de diamètre descendant jusqu'à la nappe phréatique dont l'un des côtés était aménagé en pente douce pour permettre son accès est particulièrement intéressante, des céramiques sont aussi découvertes.
-vers l'an zéro, le site est de nouveau réoccupé par une construction quadrangulaire de type grenier surélevé.
-à la fin de l'époque romaine, le site est de nouveau réoccupé.
LA LIGNE A GRANDE VITESSE
Lors de la construction de la LGV, des fouilles archéologiques ont été faites de 2000 à 2004 sur le futur tracé, mais en mode « discret » et « dans un laps de temps trop court pour approfondir les secteurs où des gisements intéressants avaient été mis à jour ».
Les secteurs intéressants :
Moulon
Le gisement est localisé à une trentaine de mètres au sud-est de la ferme de Moulon dont la clef de voûte du portail indique une date fin XVIIIe. Le corps de ferme pourrait être construit sur des vestiges plus anciens contemporains des découvertes.
Les résultats sont à mettre en perspective avec les gisements de Pagny-sur-Moselle, (Maladrie) et Vandières, (Corvée aux Loups), établissements ruraux gallo-romains localisés au nord et au sud et distants d'environ 500 m. L'implantation de ces deux fermes gallo-romaines et celle de Moulon se trouvent sur une bande d'environ 300 m de large entre la limite ouest des sédiments d'un ancien tracé de la Moselle et le pied de la côte.

Bêtes aux Champs
Ont été recensés huit gisements historiques antiques situés dans la proche périphérie des secteurs fouillés. Cette donnée confirme la présence d'une occupation gallo-romaine dense, caractérisée par un habitat dispersé d'unités de quelques bâtiments.
Sur la rive gauche de la vallée de la Moselle entre Vandières et Pagny-sur-Moselle, l'occupation du sol à l'époque romaine est visiblement caractérisée par un habitat de fermes isolées. Les zones périphériques à ces établissements sont cultivées sur des surfaces dont nous ne connaissons pas l'étendue .
Les Fontenottes
Les fouilles permettent d'établir l'existence de traces d'habitat protohistorique dans ce secteur.
La Corvée aux Loups Les dix-sept sites répertoriés sur le ban de la commune associés aux opérations d'archéologie préventive récentes révèlent un potentiel fort important de données paléoenvironnementales pour la fin du Néolithique et le Campaniforme. Des résultats équivalents pour la Protohistoire ont permis, grâce à un puits découvert sur un gisement de l'âge du Bronze, de caler la courbe dendrochronologique régionale pour la phase finale de cette période. Pour l'époque romaine, l'habitat semble caractérisé par l'existence de petits établissements ruraux dispersés. La présence d'axes antiques repérés par la photographie aérienne est attestée.
L'analyse de certains éléments retrouvés dans le sol d'occupation du bâtiment du sondage 95 permet néanmoins de donner une indication chronologique pour la période 250-350 de notre ère.
La présence d'au moins deux bâtiments est certaine.
Photos de la commune. Ces photos ont été prises le dernier jour des fouilles au moment où elles étaient rebouchées. Avec Marc RICHY, nous avions le pressentiment que les fouilles se terminaient, ce que nous a confirmé le dernier archéologue encore présent sur site qui nous a bien indiqué qu'eux auraient voulu poursuivre les recherches, mais que les ordres étaient clairs, les délais laissés pour les fouilles étaient terminés.

Traces de murs de villas romaines

Brouin Champ
Cet emplacement correspond aujourd'hui à l'un des rares secteurs épargnés en période de crue, ce qui explique sans doute pourquoi l'homme s'y est installé à de nombreuses reprises durant toute la Protohistoire.
La première occupation semble remonter au Néolithique moyen
L'abondant mobilier piégé, tant dans les colluvions du chenal fossile que dans les structures, couvre une période allant du Bronze final jusqu'au second âge du Fer.
Les vestiges de l'âge du Fer semblent mieux conservés. On note la présence d'une palissade conservée sur une longueur de 70 m, prolongée par un fossé sur 45 m environ. Ce dernier bifurque à angle droit à deux reprises, puis disparaît. L'aire ainsi enclose est estimée à 2 500 m2. En bordure du chenal fossile, cet enclos est doublé par une seconde palissade. Plusieurs bâtiments de stockage et d'habitation implantés dans cet enclos peuvent lui être associés.
Le site de Vandières apporte donc des données de toute première importance pour l'étude de la Protohistoire dans le secteur. Il est comparable à bien des égards à celui localisé à quelques centaines de mètres plus au sud, au lieu-dit Les Grandes Corvées.
Photographie des deux faces d'un moule de bronzier en grès, initialement moule à faucilles.
Plan de masse du site

Les Grandes Corvées
Le gisement de Vandières, Les Grandes Corvées a été découvert en 1983 lors d'une visite de surveillance effectuée par le Service régional de Lorraine dans la sablière Solaro. Il a livré, au gré de fouilles successives, les traces de nombreuses occupations humaines : des céramiques de la fin du Campaniforme, un habitat du Bronze final remarquablement illustré par deux puits avec cuvelage en bois, des traces éparses de l'âge du Fer. Les recherches menées en 2001 sur le tracé de la LGV Est ont, quant à elles, permis d'étudier d'intéressants vestiges du Bronze ancien et de l'époque romaine.
Au minimum neuf bâtiments de plan plus ou moins complet ont été identifiés parmi les 200 trous de poteau fouillés. Le plus grand bâtiment (bât. 2), d'au moins 15 m de long pour 8,20 m de large, soit 123 m2, se rattache sans conteste au Bronze ancien. Cette construction à trois nefs est orientée nord-ouest/sud-est, avec une abside située à l'extrémité sud-est, l'extrémité opposée ayant été détruite. On connaît des bâtiments relativement similaires en Lorraine (Frouard, Goin, Ay-sur-Moselle), en Bourgogne (Genlis, Izier) ou en Allemagne (Telgte).
En dépit de son caractère limité, cette intervention souligne une fois de plus l'importance des implantations humaines dans la vallée de la Moselle. Le secteur de Vandières est à ce titre riche en informations, ce que mettent encore en lumière les dernières fouilles menées au lieu-dit Brouin Champ, également sur le tracé de la LGV Est.
Quelques fragments de vases appartenant au bronze ancien

Vases agrémentés de cordons lisses organisés en réseau, de décors cannelés, d'anses

DERRIERE LE CHATEAU
A la suite d'un projet de lotissement derrière le château, le long du lotissement de la rue des Primevères, des fouilles archéologiques préventives ont eu lieu du 28 février au 9 mars 2007. Elles sont situées à proximité du village ancien (attesté par les textes dès 960 sous le nom de Villa Videra) ainsi qu'à 100 mètres du château de vandières dont les deux tours sont datées des 15° et 16° siècles, le clocher de l'église de conception romane étant daté du 11° - 12° siècle.
Elles ont mis en évidence une première occupation d'un habitat sur un hectare et demi attribuable à la période Halstatt C, très intéressant car peu trouvé dans la région.
Une seconde occupation met en exergue des applications héritées du génie civil romain, applications qui ont rarement pu être étudié, le site n'en est donc que plus exceptionnel.
Une nécropole mérovingienne totalisant vingt et une structures repérées, dont seize sont des tombes à inhumation qui suivent toutes une orientation ouest - est, caractérise une troisième phase d'occupation. Sur plus de 3 000 m2, la densité des structures et la qualité du mobilier recueilli témoignent du caractère majeur de cette découverte datée entre le 5° et le 7° siècle. La présence d'une sépulture animale (un cheval) n'avait jamais encore été mise en évidence en Lorraine.Enfin, la présence d'un four maçonné à une centaine de mètres du château médiéval, témoigne d'une activité artisanale ou domestique au moyen-Age

PERIMETRE FOUILLE
Le préfet de région décidait alors que le lotissement ne pourrait être créé qu'à la condition que des fouilles complémentaires soient réalisées. Or le coût de ces fouilles est à la charge du lotisseur et malgré les subventions de l'état, devant l'importance du reste à charge, le lotissement ne verra pas le jour.
En 2019, un lotisseur reprend le dossier en main en décidant de n'utiliser que la partie où le coût des fouilles archéologiques est le plus faible. La commune accepte d'échanger les terrains qu'elle a dans la zone de sorte que la partie concernée par le « cimetière mérovingien » lui appartient dorénavant et que donc ce terrain restera en espaces verts.
Les fouilles ont eu lieu début 2021 et ont mis à jour les vestiges d'une villa romaine. Cette villa possédait un bassin. Ces bassins étaient souvent délimités aux quatre coins par des statues à travers lesquelles arrivaient l'eau. Les photos ci-dessous montrent les fouilles avec les différents murs de fondation des bâtiments et du bassin ainsi qu'une de ses statues.

Cette statue représente un lion chevauché sans doute par un enfant.

L'arrivée de l'eau se faisait par en-dessous (voir trou page suivante), elle se déversait dans le bassin par « la gueule » située sous la patte.


Une dalle avec plusieurs signes

LES CUGNOTS
Au cours du deuxième semestre 2014, avant l'exploitation d'une nouvelle sablière par la société HOLCIM, des recherches ont été menées au lieu-dit « Les Cugnots ».
Elles ont permis de mettre à jour près de 1500 structures archéologiques, réparties entre une nécropole de l'âge de fer (600 à 400 avant Jésus-Christ) et une double occupation romaine, le Haut-Empire (du 1° au 3° siècle après Jésus-Christ) et le Bas Empire (du 4° au 5° siècle après Jésus-Christ).
La nécropole tumulaire de l'âge de fer :

Elle regroupe onze enclos circulaires de 12 à 32 m de diamètre et deux enclos carrés de 15 et 18 m de côté, à l'intérieur desquels ont été mises à jour entre 56 et 65 sépultures. Les squelettes ont pour la plupart disparu, mais les parures en bronze des défunts, composées de deux bracelets, deux anneaux de cheville , parfois d'un torque (collier), d'une ou deux fibules (agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement) et de quelques perles sont assez bien conservées.

Torque et fibules
Le Haut-Empire :

Deux voies de 3 m de large, 3 bâtiments ainsi qu'un ensemble funéraire qui regroupe 85 sépultures à crémation ont été mis au jour.
Urne contenant les restes
brûlés du défunt
Le Bas-Empire :
Un édifice de 18m x 10est bien conservé. Il comprend un petit four, trois foyers et un fumoir. Un abondant mobilier dont une centaine de monnaies du 4° siècle ont été découverts.
Un ensemble funéraire d'inhumations d'une soixantaine de tombes a été identifié. La conservation des squelettes est incomplète voire inexistante, mais des récipients en céramique et en verre, le plus souvent en excellent état, ont été trouvés. Ces objets font partie de la pratique funéraire tout à fait caractéristique du Bas-Empire.
Exemple de verreries trouvées dans les tombes du Bas-Empire (4° au 5° s. après J.C.).



Sépulture du Bas-Empire : défunt accompagné de verreries et de céramiques
CERAMIQUES




Sources : INRAP
Archéologie de la ligne à grande vitesse est-européenne
Les Villages Lorrains
Article de M. Jacques Reisorfer Villages Lorrains
Diaporama présenté à la population par Holcim et le bureau d'études Eveha
Claude ROBERT
L'archéologie à Vandières
Certes Vandières ne fait pas partie des sites archéologiques français les plus importants, mais son sous-sol regorge de traces de nos ancêtres.
Les premières fouilles archéologiques sur la commune de Vandières ont été effectuées à la suite d'une prospection de routine de la sablière « SOLARO » exploitée entre le canal et la Moselle effectuée en Novembre 1983, au lieu-dit « Les Grandes Corvées » à une centaine de mètres de la Moselle, non loin du confluent historique avec le Trey. Des tessons de céramique avaient permis de juger que ce site « Les Grandes Corvées » datait de l'âge du Bronze Final.
Depuis 1995 les travaux du TGV, l'ouverture de nouvelles sablières ainsi que la création du nouveau lotissement ont permis de confirmer que l'implantation humaine était très ancienne à Vandières.
Une cinquantaine de sites archéologiques sont connus sur la commune.
La carte ci-dessous recense les lieux-dits dont les fouilles ont été très fructueuses :
Côté Ouest canal (gauche) du Nord au Sud : Moulon (1 en vert), Bêtes-aux-Champs (2 en rouge), La Corvée-aux-Loups (3 en brun), Les Fontenottes (4 en rouge), Cour Saint-Pierre (5 en rouge), Côté Est canal (droite) : Les Cugnots (6 en bleu-vert), Brouin-Champ (7 en rouge) et Les Grandes Corvées (8 en bleu).

A Vandières, comme souvent dans l'antiquité, les hommes se sont installés à proximité des confluents de deux rivières. Ce confluent appelé « le confluent antique du Trey et de la Moselle » se situait pratiquement dans le prolongement de son sens d'écoulement d'ouest en est comme le montrent les documents ci-après :

CARTE ETAT MAJOR 1820 -1866
PHOTO AERIENNE 1950 – 1965- L'ancien lit du Trey est entouré en bleu

CARTE 1950
La situation actuelle :
L'ancien lit du Trey est en pointillé entouré en vert. Le canal de la Moselle, alors au petit gabarit « Freyssinet », était déjà construit. Le Trey avait été détourné et implanté artificiellement par les ingénieurs qui ont construit le canal et se jetait comme maintenant plus au Sud. Il est entouré en rouge.

TRES ANCIENNE CARTE qui montre que de très nombreuses communes n'existaient pasCet article ne prétend pas être un document scientifique, même si parfois il comprend des termes techniques, mais un aperçu de ce qu'a été Vandières par le passé.
LES GRANDES CORVEES
A la suite de cette première découverte de 1983, à l'occasion du renouvellement de l'autorisation d'exploitation de la sablière SOLARO, le site « Les Grandes Corvées » a donc été fouillé en 1985 avant le début des travaux de la nouvelle extension.
La chronologie du site a alors été précisée :
-les résultats ont permis de dater sa première occupation au Néolithique Final, vers 2 000 avant Jésus-Christ, grâce à la mise à jour d'un premier habitat du type « gobelets campaniformes », (le nom de campaniforme provient de la céramique de cette époque qui est caractérisée par la qualité de la pâte, la richesse du décor et la forme des gobelets « en cloche retournée »). Cette découverte est importante car c'est la première fois qu'on trouve en France un habitat ouvert de vallée qui soit spécifiquement occupé par le groupe Campaniforme. En même temps que la céramique, on trouve des pointes de flèches, des « brassards d'archers » (pierres polies rectangulaires protégeant le poignet du frottement de la corde de l'arc), des boutons en pierre, en ambre, en os, des objets métalliques tels que parures d'or, poignards triangulaires en cuivre.
Jusqu'alors en Lorraine n'étaient connues que les sépultures campaniformes de Marly, Terville, Montenach, mais les habitats étaient rarissimes et mis à jour seulement dans des grottes ou abris sous-roche.
-à l'âge de Bronze vers 1000 avant Jésus-Christ un village s'installe au même endroit, la découverte d'une grande fosse d'une dizaine de mètres de diamètre descendant jusqu'à la nappe phréatique dont l'un des côtés était aménagé en pente douce pour permettre son accès est particulièrement intéressante, des céramiques sont aussi découvertes.
-vers l'an zéro, le site est de nouveau réoccupé par une construction quadrangulaire de type grenier surélevé.
-à la fin de l'époque romaine, le site est de nouveau réoccupé.
LA LIGNE A GRANDE VITESSE
Lors de la construction de la LGV, des fouilles archéologiques ont été faites de 2000 à 2004 sur le futur tracé, mais en mode « discret » et « dans un laps de temps trop court pour approfondir les secteurs où des gisements intéressants avaient été mis à jour ».
Les secteurs intéressants :
Moulon
Le gisement est localisé à une trentaine de mètres au sud-est de la ferme de Moulon dont la clef de voûte du portail indique une date fin XVIIIe. Le corps de ferme pourrait être construit sur des vestiges plus anciens contemporains des découvertes.
Les résultats sont à mettre en perspective avec les gisements de Pagny-sur-Moselle, (Maladrie) et Vandières, (Corvée aux Loups), établissements ruraux gallo-romains localisés au nord et au sud et distants d'environ 500 m. L'implantation de ces deux fermes gallo-romaines et celle de Moulon se trouvent sur une bande d'environ 300 m de large entre la limite ouest des sédiments d'un ancien tracé de la Moselle et le pied de la côte.

Bêtes aux Champs
Ont été recensés huit gisements historiques antiques situés dans la proche périphérie des secteurs fouillés. Cette donnée confirme la présence d'une occupation gallo-romaine dense, caractérisée par un habitat dispersé d'unités de quelques bâtiments.
Sur la rive gauche de la vallée de la Moselle entre Vandières et Pagny-sur-Moselle, l'occupation du sol à l'époque romaine est visiblement caractérisée par un habitat de fermes isolées. Les zones périphériques à ces établissements sont cultivées sur des surfaces dont nous ne connaissons pas l'étendue .
Les Fontenottes
Les fouilles permettent d'établir l'existence de traces d'habitat protohistorique dans ce secteur.
La Corvée aux Loups
Les dix-sept sites répertoriés sur le ban de la commune associés aux opérations d'archéologie préventive récentes révèlent un potentiel fort important de données paléoenvironnementales pour la fin du Néolithique et le Campaniforme. Des résultats équivalents pour la Protohistoire ont permis, grâce à un puits découvert sur un gisement de l'âge du Bronze, de caler la courbe dendrochronologique régionale pour la phase finale de cette période. Pour l'époque romaine, l'habitat semble caractérisé par l'existence de petits établissements ruraux dispersés. La présence d'axes antiques repérés par la photographie aérienne est attestée.
L'analyse de certains éléments retrouvés dans le sol d'occupation du bâtiment du sondage 95 permet néanmoins de donner une indication chronologique pour la période 250-350 de notre ère.
La présence d'au moins deux bâtiments est certaine.
Photos de la commune. Ces photos ont été prises le dernier jour des fouilles au moment où elles étaient rebouchées. Avec Marc RICHY, nous avions le pressentiment que les fouilles se terminaient, ce que nous a confirmé le dernier archéologue encore présent sur site qui nous a bien indiqué qu'eux auraient voulu poursuivre les recherches, mais que les ordres étaient clairs, les délais laissés pour les fouilles étaient terminés.

Traces de murs de villas romaines

Brouin Champ
Cet emplacement correspond aujourd'hui à l'un des rares secteurs épargnés en période de crue, ce qui explique sans doute pourquoi l'homme s'y est installé à de nombreuses reprises durant toute la Protohistoire.
La première occupation semble remonter au Néolithique moyen
L'abondant mobilier piégé, tant dans les colluvions du chenal fossile que dans les structures, couvre une période allant du Bronze final jusqu'au second âge du Fer.
Les vestiges de l'âge du Fer semblent mieux conservés. On note la présence d'une palissade conservée sur une longueur de 70 m, prolongée par un fossé sur 45 m environ. Ce dernier bifurque à angle droit à deux reprises, puis disparaît. L'aire ainsi enclose est estimée à 2 500 m2. En bordure du chenal fossile, cet enclos est doublé par une seconde palissade. Plusieurs bâtiments de stockage et d'habitation implantés dans cet enclos peuvent lui être associés.
Le site de Vandières apporte donc des données de toute première importance pour l'étude de la Protohistoire dans le secteur. Il est comparable à bien des égards à celui localisé à quelques centaines de mètres plus au sud, au lieu-dit Les Grandes Corvées.
Photographie des deux faces d'un moule de bronzier en grès, initialement moule à faucilles.
Plan de masse du site

Les Grandes Corvées
Le gisement de Vandières, Les Grandes Corvées a été découvert en 1983 lors d'une visite de surveillance effectuée par le Service régional de Lorraine dans la sablière Solaro. Il a livré, au gré de fouilles successives, les traces de nombreuses occupations humaines : des céramiques de la fin du Campaniforme, un habitat du Bronze final remarquablement illustré par deux puits avec cuvelage en bois, des traces éparses de l'âge du Fer. Les recherches menées en 2001 sur le tracé de la LGV Est ont, quant à elles, permis d'étudier d'intéressants vestiges du Bronze ancien et de l'époque romaine.
Au minimum neuf bâtiments de plan plus ou moins complet ont été identifiés parmi les 200 trous de poteau fouillés. Le plus grand bâtiment (bât. 2), d'au moins 15 m de long pour 8,20 m de large, soit 123 m2, se rattache sans conteste au Bronze ancien. Cette construction à trois nefs est orientée nord-ouest/sud-est, avec une abside située à l'extrémité sud-est, l'extrémité opposée ayant été détruite. On connaît des bâtiments relativement similaires en Lorraine (Frouard, Goin, Ay-sur-Moselle), en Bourgogne (Genlis, Izier) ou en Allemagne (Telgte).
En dépit de son caractère limité, cette intervention souligne une fois de plus l'importance des implantations humaines dans la vallée de la Moselle. Le secteur de Vandières est à ce titre riche en informations, ce que mettent encore en lumière les dernières fouilles menées au lieu-dit Brouin Champ, également sur le tracé de la LGV Est.
Quelques fragments de vases appartenant au bronze ancien

Vases agrémentés de cordons lisses organisés en réseau, de décors cannelés, d'anses

DERRIERE LE CHATEAU
A la suite d'un projet de lotissement derrière le château, le long du lotissement de la rue des Primevères, des fouilles archéologiques préventives ont eu lieu du 28 février au 9 mars 2007. Elles sont situées à proximité du village ancien (attesté par les textes dès 960 sous le nom de Villa Videra) ainsi qu'à 100 mètres du château de vandières dont les deux tours sont datées des 15° et 16° siècles, le clocher de l'église de conception romane étant daté du 11° - 12° siècle.
Elles ont mis en évidence une première occupation d'un habitat sur un hectare et demi attribuable à la période Halstatt C, très intéressant car peu trouvé dans la région.
Une seconde occupation met en exergue des applications héritées du génie civil romain, applications qui ont rarement pu être étudié, le site n'en est donc que plus exceptionnel.
Une nécropole mérovingienne totalisant vingt et une structures repérées, dont seize sont des tombes à inhumation qui suivent toutes une orientation ouest - est, caractérise une troisième phase d'occupation. Sur plus de 3 000 m2, la densité des structures et la qualité du mobilier recueilli témoignent du caractère majeur de cette découverte datée entre le 5° et le 7° siècle. La présence d'une sépulture animale (un cheval) n'avait jamais encore été mise en évidence en Lorraine.Enfin, la présence d'un four maçonné à une centaine de mètres du château médiéval, témoigne d'une activité artisanale ou domestique au moyen-Age

PERIMETRE FOUILLE
Le préfet de région décidait alors que le lotissement ne pourrait être créé qu'à la condition que des fouilles complémentaires soient réalisées. Or le coût de ces fouilles est à la charge du lotisseur et malgré les subventions de l'état, devant l'importance du reste à charge, le lotissement ne verra pas le jour.
En 2019, un lotisseur reprend le dossier en main en décidant de n'utiliser que la partie où le coût des fouilles archéologiques est le plus faible. La commune accepte d'échanger les terrains qu'elle a dans la zone de sorte que la partie concernée par le « cimetière mérovingien » lui appartient dorénavant et que donc ce terrain restera en espaces verts.
Les fouilles ont eu lieu début 2021 et ont mis à jour les vestiges d'une villa romaine. Cette villa possédait un bassin. Ces bassins étaient souvent délimités aux quatre coins par des statues à travers lesquelles arrivaient l'eau. Les photos ci-dessous montrent les fouilles avec les différents murs de fondation des bâtiments et du bassin ainsi qu'une de ses statues.

Cette statue représente un lion chevauché sans doute par un enfant.

L'arrivée de l'eau se faisait par en-dessous (voir trou page suivante), elle se déversait dans le bassin par « la gueule » située sous la patte.


Une dalle avec plusieurs signes

LES CUGNOTS
Au cours du deuxième semestre 2014, avant l'exploitation d'une nouvelle sablière par la société HOLCIM, des recherches ont été menées au lieu-dit « Les Cugnots ».
Elles ont permis de mettre à jour près de 1500 structures archéologiques, réparties entre une nécropole de l'âge de fer (600 à 400 avant Jésus-Christ) et une double occupation romaine, le Haut-Empire (du 1° au 3° siècle après Jésus-Christ) et le Bas Empire (du 4° au 5° siècle après Jésus-Christ).
La nécropole tumulaire de l'âge de fer :

Elle regroupe onze enclos circulaires de 12 à 32 m de diamètre et deux enclos carrés de 15 et 18 m de côté, à l'intérieur desquels ont été mises à jour entre 56 et 65 sépultures. Les squelettes ont pour la plupart disparu, mais les parures en bronze des défunts, composées de deux bracelets, deux anneaux de cheville , parfois d'un torque (collier), d'une ou deux fibules (agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement) et de quelques perles sont assez bien conservées.

Torque et fibules
Le Haut-Empire :

Deux voies de 3 m de large, 3 bâtiments ainsi qu'un ensemble funéraire qui regroupe 85 sépultures à crémation ont été mis au jour.
Urne contenant les restes
brûlés du défunt
Le Bas-Empire :
Un édifice de 18m x 10est bien conservé. Il comprend un petit four, trois foyers et un fumoir. Un abondant mobilier dont une centaine de monnaies du 4° siècle ont été découverts.
Un ensemble funéraire d'inhumations d'une soixantaine de tombes a été identifié. La conservation des squelettes est incomplète voire inexistante, mais des récipients en céramique et en verre, le plus souvent en excellent état, ont été trouvés. Ces objets font partie de la pratique funéraire tout à fait caractéristique du Bas-Empire.
Exemple de verreries trouvées dans les tombes du Bas-Empire (4° au 5° s. après J.C.).



Sépulture du Bas-Empire : défunt accompagné de verreries et de céramiques
CERAMIQUES




Sources : INRAP
Archéologie de la ligne à grande vitesse est-européenne
Les Villages Lorrains
Article de M. Jacques Reisorfer Villages Lorrains
Diaporama présenté à la population par Holcim et le bureau d'études Eveha
Claude ROBERT
Vandières a vu naître plusieurs hommes remarquables :
Le bienheureux Jean de Vandières Abbé de Gorze né à la fin du 9°siècle et mort en 973.
Dominique Mathieu Conseiller d'état et procureur général au parlement, auteur d'un commentaire sur les coutumes de Lorraine.
Le lieutenant-général Baron Nicolas Fririon qui s'est illustré dans les guerres de l'empire.
Le sergent-major Courriaux mort dans les guerres de la république.
Le bienheureux Jean de Vandières Abbé de Gorze né à la fin du 9°siècle et mort en 973.
Dominique Mathieu Conseiller d'état et procureur général au parlement, auteur d'un commentaire sur les coutumes de Lorraine.
Le lieutenant-général Baron Nicolas Fririon qui s'est illustré dans les guerres de l'empire.
Le sergent-major Courriaux mort dans les guerres de la république.